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Magazin’Art, 2006, pages 113-115

Aristide Gagnon

Voyance tellurique

Engramme 1999


Quelle admirable trajectoire que celle d'Aristide Gagnon! Tout au long de ses cinquante-cinq années de création, il faut reconnaître dans ses œuvres cette volonté de conserver la force tranquille de l'instinct. De toujours situer son ouvre avant la réflexion. De ne traduire, et avec la plus grande économie de moyens, le besoin de soumettre la matière qui est la seule preuve ontologique de l'existence de J'âme qu'on puisse communiquer.

Jouant uniquement sur des polytonalités et le dynamisme de coups de spatule énergiques balafrant la surface de la toile, on assiste dans la peinture échevelée d'Aristide Gagnon, à une organisation spatiale agitée dans laquelle des structures se brisent, s'accrochent, se disloquent, tentant d'échapper aux relations de la figuration. Sa peinture a souvent pour base le blanc pur; le peintre partant de la blancheur du jute de la toile pour faire chanter toutes les autres couleurs atmosphériques en un magma lumineux rappelant parfois les vibrations de quelque vitrail. Une technique des métiers d'art qu'il connaît bien, du reste, pour avoir été initié dans les années soixante par Olivier Ferland, maître-verrier. Puis, à œuvrer sur des projets de très grande importance comme la réalisation des vitraux de l'Oratoire Saint-Joseph, à Montréal, pour ne nommer que celui-là.


Sphère des nuages 2003


Or, depuis sa sortie de l'École des beaux-arts de Québec en 1956, le Gaspésien Aristide Gagnon a toujours su se renouveler pour surmonter les écueils d'une vie dédiée à la création. Aussi a-t-il appris à parler en volume avec des bronzes dont les patines et les reliefs apparaissent comme un jeu destiné à saisir les variations du métal « mordu », et à capter les effets lumineux que sa peinture voulait pas.

La commande importante d'une entreprise privée l’amena à troquer le verre pour le bronze. L'artiste en est venu alors au coulage de ses œuvres en découvrant avec la naïveté de l'enfance, le plaisir bouleversant de voir se dresser une forme reflétant une merveilleuse étrangeté. Au point d'y consacrer un travail en taille directe sur le granit, la partie large de sa création. De cette époque du début des années quatre-vingt-dix est née Harfang des neiges, cette sculpture emblématique par excellence devant les bureaux de la délégation du Québec, à Toronto.

L’essentiel de l'œuvre sculpturale d'Aristide Gagnon, depuis les vingt dernières années, se résume à la création de sphères. Portant toutes les plaies, tous les signes, toutes les marques de la vie, il s'agit de véritables « boules de voyance » qui captent les effluves du temps, les alluvions de l'éternité et les empreintes digitales de l'existence de l’Homme. Fragiles mais puissantes par leur affirmation. Légères mais sonores comme les cloches du Tibet (un battant ayant été installé en leurs centres), ces œuvres uniques font résonner à la fois la spiritualité de l'homme et le fantastique du mystère des vérités souterraines de l'art. Voici des sphères lourdes d'une maternité qui est l'assurance d'un très grand talent. Au sommet de ses soixante-quinze ans, Aristide Gagnon fait du coulage du bronze une expression royale atteignant tout naturellement à l’idée de la monumentalité.

Michel Bois


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Vase et fleurs (Vase and Flowers)
 

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Jeune fille sur paysage (Girl on landscape)
 

Aristide Gagnon

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Heam Changyon

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Ruiding Kim

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bronze , acrylique , sphère , aluminium , encaustique , cire